Sunday, April 14, 2013

Quels sont les vrais besoins du cheval?


Comme pour tout le reste, au fur et à mesure que les humains ont évolué vers l'âge moderne de la civilisation, ils semblent avoir perdu leur compréhension de la nature et de la nature du cheval.  Nous pensons bien les soigner en leur construisant des écuries et des stalles, en les nourrissant avec des moulées traitées à haute teneur de protéines et de gras, en les vaccinant et en les vermifugant plusieurs fois par an, en les nettoyant et en les protégeant des blessures.  

Malheureusement, ce genre de soins a été conçu selon la notion du confort humain, et non pas pour un animal sauvage extrêmement grégaire et nomade qui a le sens de la survie très développé.  Le cheval est un des rares mammifères a avoir survécu à l'ère glaciaire - il s'adapte facilement et se débrouille très bien tout seul dans des environnements variés.  Les chevaux sont très près de la nature et même domestiqués, dans leur for intérieur, ils demeurent sauvages.  En tout cheval docile se cache un cheval sauvage.  En tout cheval sauvage se cache un cheval docile.   

Les chevaux sont parfaitement adaptés à la vie extérieure sous différents climats.  Leurs corps sont bâtis pour être continuellement en mouvement, pour chercher de la nourriture toute la journée et pour dormir très brièvement.  Ils ont des mécanismes qui leur permettent de varier leur poil et leur peau selon la température, pour contrer la chaleur et le froid, et des pieds qui sont incroyablement bien adaptés à une vie nomade, qui leur permettent de sentir le sol, d'avoir de l'adhérence et de contrôler la température de leur corps.


Les chevaux gardés au box développent des problèmes mentaux et émotionnels qui deviennent souvent des maladies mentales, reflétées par les vices d'écurie.  Les chevaux qui vivent au naturel ne se balancent pas, n'avalent pas d'air, ne tape pas dans les murs, ne grincent pas des dents et ne claquent pas les lèvres incessamment.  Ces vices indiquent un désordre intérieur profond chez le cheval; ce sont les signes que malgré la nourriture et le pansage, ses besoins ne sont pas comblés et que mentalement, il souffre profondément.


Les chevaux sont des animaux grégaires qui vivent en troupeau

Il est prioritaire pour les chevaux de vivre en groupe, de socialiser et de jouer avec d'autres chevaux.  La harde leur apporte la sécurité, le confort et le jeu, qui sont les trois choses les plus importantes pour eux (eh oui, l'eau et la nourriture viennent en quatrième place dans l'ordre des priorités équines).  Leur survie dans la nature dépend de leur association et de leur déplacement en groupe, et comme tout bon animal de proie, ils savent très bien qu'ils ne peuvent pas rester isolés sans risquer la mort.  Il est inhumain et cruel de garder un cheval seul ou isolé des autres.  Bien sûr, lorsqu'ils sont ensemble, ils vont jouer, et parfois durement.  C'est de cette façon qu'ils établissent la hiérarchie de la harde, et qu'ils choisissent le cheval de tête.  Les morsures et les coups de pied ne les dérangent pas - l'isolement les rend fous et les amène graduellement à s'éteindre, à devenir agressifs ou à développer des comportements nerveux.  C'est souvent la seule façon pour eux de gérer le stress de la vie en cage.


Les chevaux ont besoin de se déplacer constamment

Les chevaux naissent parfaitement fonctionnels, prêts à marcher, courir et brouter.  Les chevaux sauvages voyagent en moyenne 20 à 30 milles par jour sur des terrains variés pour trouver eau et nourriture.  Ces déplacements les gardent sains physiquement et mentalement et leur fournissent l'exercice dont ils ont besoin de façon naturelle.  Leurs pieds s'usent au fur et à mesure et l'apport constant de sang aux sabots et aux jambes les garde forts et sains.  Ils courent seulement lorsqu'ils se sentent menacés, ou pendant des sessions de jeux courtes et intenses; en général, ils passent la majorité de leur temps à marcher la tête au sol.  C'est la position la plus naturelle pour un cheval, la tête au sol à brouter et à étirer le dos.  

Ils mangent de petites quantités toute la journée, et non pas 2 ou 3 gros repas par jour, qui fait subir à leur système digestif une surcharge trop soudaine.  Ils boivent souvent de grandes quantités d'eau une ou deux fois par jour, car l'eau est loin.  Ils aiment boire dans les étangs et les flaques au sol, pas dans des abreuvoirs automatiques perchés au mur.  S'ils ont le choix, les chevaux préfèrent boire dans un seau ou au sol, parce que c'est dans cette position qu'ils sont le plus confortable pour absorber l'eau efficacement. 

Lorsque nous gardons les chevaux enfermés, nous empêchons le bon développement et l'entretien de leurs muscles, de leurs os et de leurs pieds, et surtout, de leur mental.  Lorsque nous les sortons pour une session d'exercice intense et concentrée après des heures passées immobiles dans un box, nous infligeons des tensions extrêmes et soudaines à leurs tendons et à leurs ligaments et c'est ce qui mène aux boiteries et aux blessures.   

Les chevaux devraient être gardés à l'extérieur dans des espaces suffisamment grands
Idéalement, une harde a besoin de 10 000 acres pour survivre confortablement dans la nature.  La plupart d'entre nous n'avons pas ce genre d'espace à leur offrir, mais pensez à l'étroitesse d'un box ou d'un paddock par comparaison!  Les chevaux trouvent à s'abriter dans les bosquets et sous les arbres, et la plupart ne recherchent un abri que pour éviter les insectes ou par grand vent.  Leur poil s'adapte très bien selon les saisons pour les protéger des éléments, hiver comme été.  Les chevaux gardés dehors 24 heures par jour, 7 jours par semaine, en groupe, dans un espace assez grand pour leur permettre de se déplacer toute la journée, sans couvertures, et nourris naturellement sont les chevaux les plus heureux et les plus en santé qu'il m'ait été donné de voir.  Ils n'ont pas de vices, ils ne font pas de coliques, leurs pieds sont beaux s'ils sont sans fers et ils sont pratiquement immunisés contre la maladie.


Le cheval sans fers

J'ai choisi de garder mes chevaux sans fers et je n'ai jamais regretté cette transition.  Leurs pieds n'ont jamais été aussi sains, même ceux de mon Pur-Sang Anglais de 20 ans qui avait toujours eu de mauvais pieds et qui trébuchait quelque soit le type de ferrage.  Je les monte sur toute sorte de terrains - ils ont été montés sur des pistes difficiles et rocailleuses, en terrain très montagneux, dans le sable, sur un sol très dur, dans le gravier, la neige et la glace.  J'ai découvert qu'ils ont ainsi le pied très sûr.  C'est dû au fait qu'ils peuvent sentir le sol sous leurs pieds, et que le pied sans fer qui est paré correctement leur offre beaucoup d'adhérence.  Mes chevaux ont des pieds qui "cassent les cailloux" sans avoir à porter de fers.  Les fers engourdissent les senseurs du pied et empêchent l'expansion et l'action de pompe des structures du sabot, ce qui à la longue cause toute sorte de maladies du pied, comme par exemple, la pourriture de la fourchette, la laminite, les abcès, la contraction des talons (qui mène au syndrome naviculaire), la maladie de la ligne blanche, pour n'en nommer que quelques-unes.  Le sabot est un organe incroyablement fonctionnel s'il est gardé au naturel, et s'il est paré correctement et régulièrement par quelqu'un qui comprend le sabot naturel.  Ils sont aussi autonettoyants.  Je considère le parage naturel comme une partie intégrale d'une approche holistique des soins naturels du cheval.  Sur la photo de droite, vous pouvez voir le sabot de mon cheval Appendix Quarter Horse.


La dentisterie équine

Étant donné que nos chevaux ont rarement l'occasion de manger comme ils le feraient dans la nature, où ils mastiquent de l'écorce, des mousses, des tiges fibreuses, des plantes, etc., et parce qu'ils n'ont souvent accès qu'à des aliments mous et à du fourrage fin, leurs dents ne s'usent pas également et elles doivent être vérifiées et limées régulièrement.  Les dents du cheval s'useront plus également s'il est nourri au sol, car cela lui permet d'avoir le meilleur alignement de sa mâchoire pour mastiquer.  En les nourrissant dans des mangeoires et des râteliers haut placés, nous encourageons l'usure inégale des dents et la formation de pointes, qui causent parfois des ulcères de la bouche;  cette pratique augmente aussi le risque d'étouffement car l'oesophage et la trachée sont ainsi ouverts et peuvent permettre le passage de la nourriture.  C'est simple - dans la nature, le cheval mange tête au sol.  Lorsqu'il doit fuir, il lève la tête pour accélérer le passage d'air vers les poumons.  Je recommande l'utilisation d'un bon dentiste équin si vous en avez un dans votre région, puisque la dentisterie équine constitue une spécialité en soi.  Je ne confierais pas mes dents à mon médecin de famille, pourquoi supposer que le vétérinaire est en mesure de soigner les dents de cheval!  La plupart des vétérinaires ne reçoivent qu'une formation sommaire sur les dents équines, et liment systématiquement toute la dentition sans y aller plus en détail.  Parfois il est difficile de faire mieux, car la dentisterie équine n'est pas encore bien comprise au Québec.  J'ai eu la chance de rencontrer d'excellents dentistes équins hautement qualifiés, et je peux témoigner de la différence qu'ils peuvent faire pour améliorer le confort et la performance d'un cheval (les douleurs aux dents et à la mâchoire affectent tous les mouvements du corps).

Avez-vous déjà songé à offrir une régie au naturel à vos chevaux?  N'hésitez pas à partager vos commentaires.  


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